Elizabeth Hope : séance du 28 juin 1890

Le lys doré

u cours d'une de nos séances se forma une haute plante, couverte de fleurs et émettant un parfum particulièrement fort. Un témoin de la séance prit les notes suivantes :

« Cette plante avait environ 2 mètres de longueur, depuis la racine jusqu'au sommet, il s'agissait d'une variété de lys. Même courbée par le poids des onze grandes fleurs qu'elle portait, elle était plus grande que moi. Les fleurs étaient parfaites, mesurant 20 cm de diamètre et de couleur dorée ; cinq d'entre elles étaient en pleine floraison, trois autres s'ouvraient à peine et les trois dernières étaient en boutons. Aucune d'elles ne portaient de tache ou de flétrissure, et elles étaient humides de rosée.

Yolande semblait très satisfaite de son succès, et nous dit que si nous désirions photographier le lys il fallait le faire tout de suite car elle avait l'ordre de nous le reprendre. Elle se tint à côté de la fleur, et M. Boutleroff fit deux épreuves de cette photographie. M. Boutleroff nous dit : « Ce ne sont pas de beaux spécimens d'art photographique ! ». La photographie fut prise à la lumière de magnésium, après quoi nous fûmes priés de rester parfaitement tranquilles pour permettre à Yolande de dématérialiser la plante. Nous essayâmes d'accéder à cette demande, mais cela n'était guère possible, dans ces circonstances, de se sentir assez indifférents pour être tout à fait tranquilles. Par conséquent, après avoir attendu jusqu'à minuit, nous apprîmes que Yolande, désespérée, ne pouvait parvenir à reprendre la plante.

Deux fleurs sur le parquet

A la suite de cet évènement, Walter un des guides de Mme d'Espérance, qui s'exprimait par écriture automatique à l'aide de sa propre main ectoplasmique, plutôt que celle du médium, s'interposa et communiqua le message suivant aux assistants : « Yolande n'a obtenu la plante qu'à condition de la rapporter. Mais elle trouve que le médium est épuisé et ne peut plus rien supporter. Il vous faut donc conserver la plante dans l'obscurité jusqu'à ce que Yolande puisse venir la reprendre à la prochaine séance ».

On nous avait recommandé de ne pas l'exposer à la clarté, pour ne pas encore accroître la difficulté de Yolande à l'enlever. M. Fidler et M. Boutlekoff, à eux deux, portèrent alors la plante dans un coin sombre de la chambre voisine, où elle fût enfermée, en attendant de nouvelles instructions. Cependant nous désirions obtenir l'autorisation de la photographier avec une meilleure luminosité, et avant de prendre la responsabilité de le faire, nous demandâmes à Walter de nous aider à obtenir cette permission. La conversation commença ainsi :


« Que deviendra le Lilium auratum ?

W : Ceci est plus que je n'en sais moi-même. Yolande est très inquiète à son sujet, et désire essayer de le reprendre cette nuit.
Nous : Ne pouvons-nous en payer le prix et le conserver ?
W : Vous le pourriez si vous saviez d'où il vient, mais Yolande elle-même ne peut le dire. De toute manière, il est destiné à être repris si elle peut s'en tirer ; sinon il restera ici.
Nous : Pourquoi donc la nécessité absolue de le reprendre ?
W : Avez-vous si mal étudié votre catéchisme ? On a dit à Yolande de ne pas prendre les choses qui ne lui appartenaient pas. Cela ne sert à rien, du reste, de raisonner sur ce sujet, car elle a décidé de le reprendre, et je suppose qu'elle y parviendra.
Nous : Pouvons-nous l'apporter ici pour le regarder et prendre quelques mesures ?
W : Je ne sais pas. Yolande a donné l'ordre qu'il ne fût pas porté dans un endroit clair.
Nous : Nous l'avons arrosé.
W : Ne faites rien d'autre, ou elle m'en blâmera. »


Cependant, un matin où le lys fut en notre possession, la curiosité fut la plus forte, et nous portâmes tout de même le lys dans le salon pour le photographier dans différentes positions. A la suite de cet évènement, Mme d'Espérance se sentit très peinée pour Yolande. Elle semblait angoissée quand au sort du grand lys, qui depuis commençait visiblement à souffrir de son traitement.

Finalement, Yolande du faire trois essais de dématérialisation à cause de l'exposition à la clarté, avant d'y réussir ; ce qui eut lieu le 05 juillet 1890 (huit jours après la matérialisation). La plante disparu subitement aussi mystérieusement qu'elle était arrivée. A 21h23 elle était encore au milieu de nous, et à 21h30 elle avait totalement disparu ; pas un vestige ne restait, montrant qu'elle eût existé, sauf les photographies que nous avions prises et un couple de fleurs restées sur le parquet. La terre avait été enlevée du pot où elle était demeurée huit jours, aucun signe n'en restait. Plusieurs des membres de notre cercle déclarèrent que la plante avait disparu instantanément. Le parfum sembla se répandre un moment dans la chambre pour s'évanouir ensuite. Le moment exact de la disparition du lys ne put être fixé, ni la manière dont il fut enlevé.


Légende : Elizabeth Hope pose à coté du lys doré, pris en photo à la lumière du jour (1890)

Extrait de "Les Pouvoirs Inconnus de l'Homme : les Transparents"
Collectif F.Favre, A.Aksakof, J.Alexandre-Bisson, C.Duits, H.Hope,
E.Gurney, C.G.Jung, E.Osty, A.Von Schrenck Notzing,
R.Sudre, G.N.M.Tyrell (Edition 1978)

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