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Histoire vraie: une amie décédée

Au moment où cela s’est passé, juin 1882, j’étais à la Jamaïque depuis environ dix-huit mois. J’avais été très malade des fièvres du pays, mais j’étais en convalescence, bien que très faible encore. Je couchais dans une chambre à côté de celle d’un ami, avec la porte de communication ouverte. J’eus un rêve dans lequel mon esprit retourna dans le passé où je voyais beaucoup la dame dont je vous ai parlé; soudain je sentis qu’elle était morte. Il me sembla qu’elle se trouvait dans une chambre près de la mienne (chose impossible en réalité puisqu’elle était en Angleterre à ce moment), et je voulais aller auprès d’elle. Comme cette pensée traversait mon esprit, il me sembla l’apercevoir.

Je m’éveillai en sursaut de ce cauchemar, lorsque je la vis distinctement au pied de mon lit. Elle était debout, entièrement vêtue de blanc, les bras le long du corps. Son visage apparaissait très distinctement, il était impossible de me tromper, d’autre part il était lumineux, or si une personne vivante s’était trouvée au pied de mon lit, je n’aurais pas pu en distinguer les traits à cause de l’épaisse obscurité de la chambre. Cette forme prononça clairement, une seule fois, mon nom « Marcus », puis disparu graduellement pendant que je la regardais s’effacer. Après que ma vision eut disparu, j’appelai à l’aide, et mon ami dans la chambre à côté entra. Je lui décrivit tout ce que j’avais éprouvé et il fut suffisamment impressionné pour noter l’heure, c’était quelques minutes après minuit, le 11 juin 1882.

Environ trois semaines plus tard, je reçus une lettre d’une des filles de mon amie, m’informant de la mort de sa mère, en Angleterre, le 11 juin, peu après 5 h20 du matin. Mon ami et moi calculâmes le décalage horaire en fonction de la longitude entre l’Angleterre et la Jamaïque, et les heures coïncidaient à quelques minutes près. J’ignorais que cette dame était malade, et ne l’ayant pas vu depuis longtemps, je ne m’étais pas inquiété à son sujet. C’est deux ans plus tard, lorsque je discutais avec ses parents que j’appris que, quelques minutes avant sa mort elle avait dit « Dites à Marcus que j’ai pensé à lui ! ». Je dois dire que cette dame, trois ans auparavant, m’avait soigné pendant une maladie dangereuse, et que j’éprouvais une chaude affection pour elle. Je ne me rappelle pas à d’autres moments de ma vie avoir éprouvé une seconde fois cette expérience, et je n’ai du reste jamais éprouvé d’hallucinations, soit de la vue, soit de l’ouïe.

Extrait de "Les Pouvoirs Inconnus de l'Homme : les Transparents"
Collectif F.Favre, A.Aksakof, J.Alexandre-Bisson, C.Duits, H.Hope,
E.Gurney, C.G.Jung, E.Osty, A.Von Schrenck Notzing, R.Sudre, G.N.M.Tyrell (Edition 1978)